Une étude en tomodensitométrie révèle que la dirofilariose féline provoque des lésions bronchiques précoces chez les chats, un élément clé pour améliorer le diagnostic dans les zones endémiques.
La dirofilariose féline est une pathologie cardiopulmonaire provoquée par le parasite Dirofilaria immitis. Chez le chat, l’infection peut être due aussi bien aux formes immatures de D. immitis qu’aux formes matures ou parasites adultes.
La première infection est capable de déclencher une intense réponse inflammatoire pulmonaire, connue sous le nom de syndrome de détresse respiratoire associé à la dirofilariose ou Heartworm-Associated Respiratory Disease (HARD). Ainsi, il est fréquent que des lésions apparaissent au niveau des structures bronchiques et du système vasculaire pulmonaire, entraînant une maladie pulmonaire restrictive.
La dirofilariose féline constitue un défi diagnostique important, car sa présentation clinique (principalement des troubles respiratoires) est très similaire à celle d’autres pathologies plus courantes (asthme félin, bronchite chronique, aelurostrongylose féline, entre autres). Par conséquent, la combinaison de multiples tests de laboratoire et/ou d’imagerie est nécessaire pour parvenir au diagnostic de la maladie.
Afin de caractériser les lésions précoces, une équipe de recherche de la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Las Palmas de Gran Canaria (ULPGC), composée de Sara Nieves García Rodríguez, Jorge Isidoro Matos, Eva Mohr Peraza, José Alberto Montoya Alonso et Elena Carretón, en collaboration avec Laín García Guasch, spécialiste à l’IVC Evidensia Hospital Veterinari Molins et à l’Hospital Veterinaria del Mar (Barcelone), a évalué au moyen de la tomodensitométrie (TDM) les relations entre bronches, artères et veines pulmonaires chez des chats naturellement infectés.
L’étude a inclus 30 chats présentant une symptomatologie respiratoire et séropositifs par la technique ELISA pour les anticorps dirigés contre D. immitis, compatibles avec le HARD, ainsi que 8 chats asymptomatiques et séronégatifs à cette même technique ELISA.
Les diamètres de la lumière bronchique, de l’artère et de la veine pulmonaires ont été mesurés dans tous les lobes pulmonaires, afin d’obtenir les ratios bronche/artère (BA), bronche/veine (BV) et veine/artère (VP/AP) dans tous les lobes pulmonaires.
Les résultats ont montré que les ratios BA et BV étaient significativement augmentés chez les chats séropositifs dans la majorité des lobes, ce qui reflète une dilatation bronchique et un remodelage précoce. Aucune différence n’a été observée dans le ratio VP/AP, ce qui indique que l’atteinte vasculaire est minime aux stades immatures de l’infection. De même, les bronches se sont révélées être la structure la plus affectée, confirmant que la réaction inflammatoire initiale dans la dirofilariose féline se concentre sur les voies aériennes.
Les auteurs concluent que la TDM constitue un outil d’imagerie précieux pour détecter les modifications pulmonaires précoces chez les chats naturellement infectés par D. immitis. Ces paramètres quantitatifs obtenus par TDM pourraient compléter la sérologie et les techniques d’imagerie conventionnelles, améliorant ainsi la solidité du diagnostic dans les zones endémiques.