Photo : Pixabay

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Des protéines récemment identifiées pourraient être la clé pour détecter précocement l'ostéoarthrose équine.

Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à un test de diagnostic simple utilisant le liquide synovial pour détecter l’arthrose à un stade précoce chez les chevaux.

Une étude récente a identifié des protéines clés dans le liquide articulaire équin qui pourraient améliorer le diagnostic précoce et le traitement de l’ostéoarthrose (OA) chez les chevaux.

La recherche a utilisé une approche de protéomique avancée pour analyser le liquide synovial (le liquide lubrifiant présent dans les articulations) de chevaux atteints ou non d’ostéoarthrose.
Les auteurs ont découvert que plusieurs protéines, telles que l’alpha-2-macroglobuline et la protéine de la zone de gestation, présentaient des différences significatives entre les articulations saines et arthrosiques.

Détecter précocement l’ostéoarthrose chez les chevaux est complexe

Cette découverte représente une avancée importante dans le diagnostic et le traitement de l’OA, affirment les chercheurs. « Bien souvent, l’OA est diagnostiquée sur la base de signes cliniques, puis confirmée par radiographie », ajoutent-ils. « L’un des problèmes de cette approche est que les modifications visibles sur les radiographies apparaissent à un stade avancé de la maladie, lorsque les lésions articulaires sont déjà irréversibles. Notre meilleure chance de stopper ou ralentir la progression de l’OA serait d’intervenir très tôt dans le processus, avant l’apparition des changements radiographiques et lorsque les signes cliniques, comme la boiterie, sont encore légers et intermittents. Cependant, il est très difficile de détecter les cas à ce stade. »
Un autre défi dans la détection précoce de l’OA équine est d’ordre technique : les méthodes de diagnostic reposent souvent sur la présence d’anticorps capables de se lier à des protéines spécifiques dans un échantillon, qui peuvent ensuite être mesurées. « Bien que certains anticorps puissent se lier à des protéines provenant de plusieurs espèces, d’autres sont plus spécifiques à une espèce donnée, et de nombreuses protéines que nous souhaiterions mesurer chez le cheval ne peuvent pas l’être actuellement faute de réactifs anticorps adaptés », expliquent-ils.

Des protéines associées à l’ostéoarthrose équine

Pour contourner ce problème logistique, les auteurs ont eu recours à la spectrométrie de masse afin de dresser un inventaire moléculaire complet de toutes les protéines présentes dans les échantillons de liquide articulaire de chevaux, atteints ou non d’OA.

« L’avantage de cette technique est qu’elle ne nécessite pas de réactifs spécifiques à chaque espèce, et qu’il n’est pas nécessaire non plus de commencer l’expérience avec des cibles précises en tête. Grâce à cette approche, nous pouvons obtenir une vue d’ensemble de toutes les protéines présentes dans l’échantillon étudié — y compris certaines que nous ne soupçonnions même pas devoir rechercher. »

Le résultat le plus notable a été la régulation positive de l’alpha-2-macroglobuline et de la protéine de la zone de gestation dans les articulations malades. Si l’alpha-2-macroglobuline avait déjà été associée à l’OA chez les chiens et les humains, la protéine de la zone de gestation n’avait jamais été décrite auparavant chez le cheval. Bien que beaucoup de ces protéines surexprimées soient considérées comme anti-inflammatoires et associées au maintien de la santé articulaire, les chercheurs expliquent pourquoi les échantillons atteints d’OA en présentent des niveaux élevés : « On pense que l’organisme réagit au traumatisme, à la lésion ou à la dégénérescence articulaire initiale en essayant d’augmenter la production de protéines nécessaires au maintien de la santé articulaire, mais qu’il ne parvient pas à contrer l’effet dégradant ou inflammatoire, ce qui entraîne la progression de l’OA », détaillent-ils.

Même si les méthodes utilisées dans cette étude ne sont pas directement transposables à un usage clinique, les résultats ouvrent la voie à des recherches sur les biomarqueurs pouvant servir d’outil diagnostique au sein même des écuries.

« Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à un test de diagnostic simple basé sur le liquide synovial pour détecter l’arthrose à un stade précoce chez le cheval. Une intervention précoce est essentielle pour préserver la santé articulaire et prolonger la carrière sportive », concluent-ils.