Le CBD face à l'épilepsie réfractaire chez le chien : que dit la science sur son efficacité et sa sécurité ?
Les auteurs recommandent que les vétérinaires évaluent soigneusement les bénéfices potentiels ainsi que les éventuels effets indésirables avant d'instaurer un traitement complémentaire à base de CBD chez le chien.
L'utilisation du cannabidiol (CBD) comme option thérapeutique a suscité un intérêt croissant ces dernières années, tant sur le plan commercial que scientifique. En Europe et aux États-Unis, le CBD à usage médical est autorisé pour le traitement de certains types de crises épileptiques réfractaires chez l'être humain. À la suite des résultats encourageants obtenus en médecine humaine dans le traitement de l'épilepsie idiopathique, l'intérêt s'est étendu à la médecine vétérinaire des animaux de compagnie.
Des études menées chez le chien suggèrent que le CBD pourrait exercer un effet bénéfique sur l'arthrose ainsi que sur certains troubles du comportement.
Par ailleurs, l'utilisation potentielle du CBD dans le traitement de l'épilepsie idiopathique canine a suscité un intérêt particulier. Les études avancent l'hypothèse que le CBD agit sur le système endocannabinoïde, impliqué dans la régulation de l'excitabilité neuronale, en diminuant la libération du glutamate, principal neurotransmetteur excitateur. Son utilisation dans le traitement de l'épilepsie idiopathique canine repose donc sur l'hypothèse qu'il module l'activité neuronale et permet ainsi de réduire la fréquence des crises convulsives.
Toutefois, des études évaluant la sécurité du CBD chez des chiens sains ont rapporté un effet sur la capacité des animaux à maintenir un tonus musculaire normal, se traduisant notamment par des troubles de la coordination ou une ataxie.
La prévalence de l'épilepsie idiopathique chez le chien est estimée à environ 0,6 %, avec une fréquence plus élevée dans certaines races, ce qui suggère une prédisposition génétique. La majorité des chiens répondent favorablement aux traitements antiépileptiques conventionnels, tels que l’imépitoïne, le phénobarbital ou le bromure de potassium. Néanmoins, la maladie demeure réfractaire chez environ 25 à 30 % des chiens épileptiques.
L'efficacité et les effets indésirables du CBD en traitement complémentaire de l'épilepsie idiopathique réfractaire canine ont déjà fait l'objet de plusieurs revues. Toutefois, les effets indésirables sont rarement rapportés de manière systématique ou ne sont que brièvement évoqués.