Malgré ces avancées, d’importantes lacunes subsistent dans la compréhension du CU chez les animaux de compagnie. La charge réelle en carcinogènes environnementaux, l’interaction entre la susceptibilité génétique et les facteurs métaboliques, ainsi que la contribution spécifique des expositions domestiques (pesticides, herbicides, résidus industriels, produits chimiques ménagers, fumée de tabac) restent mal définies. Par ailleurs, les animaux peuvent agir comme indicateurs précoces du risque environnemental, reflétant des expositions difficiles à quantifier chez l’humain, une perspective qui renforce l’importance de l’épidémiologie vétérinaire pour identifier les risques émergents.
Le comportement biologique agressif du carcinome urothélial et son diagnostic fréquent à des stades avancés ont des implications thérapeutiques majeures chez les animaux de compagnie. Les progrès récents en imagerie diagnostique, cytologie, marqueurs moléculaires et techniques de prélèvement mini-invasives ont amélioré la détection précoce et la stadification ; toutefois, le traitement efficace demeure un défi.
Compte tenu de la pertinence clinique du CU et des limites des connaissances épidémiologiques actuelles en médecine vétérinaire, la nécessité d’une synthèse actualisée et intégrative centrée sur les animaux de compagnie persiste, afin d’intégrer les données disponibles sur les facteurs de risque de cette néoplasie. Bien que des études comparatives et spécifiques à chaque espèce aient été publiées, abordant différents aspects du CU, les informations sur les déterminants de risque restent très fragmentées, et une analyse intégrée rassemblant ces facteurs dans une perspective unifiée d’oncologie vétérinaire et comparative — couvrant à la fois les chiens et les chats — demeure limitée.
Ainsi, une étude de revuevise à contribuer à ce domaine en intégrant les données disponibles sur l’épidémiologie et les facteurs de risque du CU chez les animaux de compagnie, avec un accent particulier sur les déterminants modifiables, les différences spécifiques entre espèces et les lacunes de connaissances existantes, notamment chez le chat. L’objectif est de fournir une vue d’ensemble actualisée servant de base aux futures stratégies diagnostiques, préventives et de recherche en oncologie vétérinaire.