Les chattes de race et les chattes brachycéphales présentent respectivement un risque de dystocie plus de deux fois et plus de trois fois supérieur

Une étude récente met en garde contre les importantes répercussions de la dystocie féline sur le bien-être animal, en particulier chez les chattes de races brachycéphales, qui présentent un risque élevé de complications lors de la mise bas.

La dystocie continue de représenter un risque considérable pour le bien-être et la survie des mères et des nouveau-nés félins, avec un risque accru chez les chats de race pure, les chats brachycéphales et les jeunes chattes, comme le confirme une nouvelle étude publiée dans le Journal of Small Animal Practice. La dystocie est définie comme une difficulté à expulser normalement un nouveau-né de l’utérus par voie vaginale et constitue une urgence de la reproduction fréquente chez le chat, susceptible d’entraîner une morbidité et une mortalité maternelles et néonatales élevées.

L’étude a analysé les dossiers médicaux électroniques de plus de 118 000 chattes ayant été prises en charge par des services vétérinaires d’urgence au Royaume-Uni.

Les chercheurs ont identifié 1 102 cas de dystocie, touchant 0,93 % de l’ensemble des chattes ayant reçu des soins vétérinaires d’urgence.

Risque de dystocie chez les chattes

Les chattes de race pure présentaient un risque de dystocie 2,5 fois plus élevé que les chattes croisées, tandis que les chattes brachycéphales présentaient un risque plus de trois fois supérieur à celui des chattes non brachycéphales. Les races présentant le risque de dystocie le plus élevé par rapport aux chattes croisées étaient le Devon Rex, le Tonkinois, le Birman, l’Exotic Shorthair et le British Shorthair.

Les chattes âgées de moins de 3 ans présentaient un risque significativement plus élevé de dystocie que celles âgées de 3 à 5,9 ans. « L’association entre la brachycéphalie et la dystocie vient s’ajouter aux preuves croissantes établissant un lien entre la sélection visant à obtenir des conformations extrêmes chez le chat et des conséquences défavorables pour la santé », indiquent les auteurs.

La prise en charge clinique comprenait l’administration d’ocytocine dans 35 % des cas, et une césarienne a été pratiquée chez 35,8 % des chattes présentant une dystocie. La taille de la portée constituait un facteur de risque de césarienne : les portées de 5 à 6 chatons présentaient une probabilité de césarienne plus de six fois supérieure à celle des portées de 1 ou 2 chatons.

Au cours de la prise en charge en urgence, 3,5 % des chattes présentant une dystocie sont décédées, et 38,5 % des chatons sont morts avant leur sortie de la clinique, ce qui souligne l’importance d’une intervention rapide.

Selon les auteurs, la connaissance de ces groupes à haut risque, notamment les chattes jeunes, de race pure et brachycéphales, « peut aider les vétérinaires et les propriétaires à identifier les chattes les plus susceptibles de développer une dystocie et à améliorer la rapidité de leur prise en charge vétérinaire ».

« La dystocie a touché près de 1 % de l’ensemble des chattes (stérilisées ou non) présentées dans les cliniques d’urgence au cours de la période étudiée. Cependant, après ajustement des données en fonction de la probabilité de stérilisation, l’incidence réelle chez les chattes non stérilisées pourrait atteindre 6,2 %. Associés aux niveaux élevés de mortalité maternelle et néonatale identifiés dans cette étude, ces résultats montrent que la dystocie constitue un problème majeur de bien-être dans l’élevage félin », ajoutent-ils.

Races félines et risque de dystocie

À cet égard, les auteurs considèrent qu’un siècle après la révolution des races canines, « l’humanité semble entrer dans l’ère de la révolution des races félines, avec une demande croissante du public pour des chats appartenant à des races spécifiques ».

Comme chez le chien, l’éloignement par rapport à la conformation naturelle de l’espèce semble annoncer l’apparition de nombreux nouveaux problèmes de santé chez le chat, notamment une augmentation de la fréquence des dystocies. Les professionnels vétérinaires « disposent désormais de données cliniques leur permettant d’expliquer ces risques aux propriétaires qui envisagent de faire reproduire leurs chats, afin que des mesures appropriées de réduction des risques puissent être mises en place ».

En conclusion, cette étude décrit la dystocie féline comme un motif de consultation relativement fréquent dans les services d’urgences vétérinaires, associé à d’importants facteurs de risque démographiques. Les résultats mettent en évidence une mortalité maternelle et néonatale élevée, ce qui « justifie une formation plus spécifique à la dystocie féline, tant dans le cursus vétérinaire initial que dans la formation postuniversitaire ».

Ces résultats peuvent contribuer à améliorer la prise de décision des propriétaires de chats qui envisagent la reproduction, en les sensibilisant davantage aux « risques potentiels associés à la dystocie féline ».

Source : Leicester, L. et O’Neill, D. G. (2026). Dystocia in cats under UK primary emergency veterinary care: epidemiology, clinical management and outcomes. Journal of Small Animal Practice, 67(8), 709-720. doi.org