Les niveaux de contamination microbiologique dans les régimes BARF en Europe alertent sur la nécessité d’une réglementation
Les auteurs de l’étude suggèrent de reconsidérer les réglementations concernant la production de régimes à base de viande crue pour animaux de compagnie.
Le nombre d’animaux de compagnie a augmenté de manière constante au cours des dernières décennies. Étant donné qu’ils jouent un rôle important dans la vie de leurs propriétaires, la demande pour une bonne qualité de vie a augmenté, de même que l’intérêt pour une alimentation de haute qualité.
Les régimes à base de viande crue, également appelés « aliments crus biologiquement appropriés » ou « os et nourriture crue » (BARF), sont composés de muscle, d’os et d’organes crus, auxquels peuvent s’ajouter d’autres ingrédients comme des légumes ou des fruits, sans aucun traitement thermique ni cuisson. Ils proviennent de sous-produits d’animaux d’élevage ou d’animaux sauvages abattus pour la consommation humaine. Ils peuvent être disponibles dans le commerce (réfrigérés, congelés ou lyophilisés) ou préparés à domicile.
Plusieurs raisons expliquent la popularité croissante des régimes BARF : le souhait d’offrir une alimentation plus naturelle, conforme à la nature carnivore du chien ; la méfiance envers les aliments industriels pour animaux et leurs ingrédients ; ainsi que les bénéfices supposés pour la santé, tels qu’une meilleure qualité de peau ou de pelage, une masse musculaire accrue ou une meilleure hygiène bucco-dentaire. Malgré les nombreux avantages promus par les fabricants et les propriétaires adeptes de l’alimentation BARF, les preuves scientifiques restent limitées. À l’inverse, de nombreuses études ont examiné les risques potentiels liés à ces régimes, soulignant des préoccupations pour la sécurité des animaux comme des humains et suggérant un risque potentiel pour la santé publique. Les régimes BARF peuvent entraîner des déséquilibres nutritionnels, susceptibles de provoquer des problèmes de santé graves, en particulier chez les jeunes animaux en croissance. Ils ont également été signalés comme porteurs d’un large éventail de pathogènes, certains pouvant causer des maladies chez les animaux ou représenter un risque zoonotique, permettant ainsi une transmission à l’humain. Pour ces raisons, plusieurs organisations de santé publique, telles que le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et la World Small Animal Veterinary Association (WSAVA), ont mis en garde contre les risques des régimes BARF et déconseillé leur utilisation.
La production d’aliments crus pour animaux de compagnie et leurs critères d’hygiène en ce qui concerne les Entérobactéries et Salmonella spp. sont réglementés par la loi. Malgré ces exigences, des études récentes ont mis en évidence une contamination bactérienne préoccupante, notamment des liens entre l’alimentation BARF et l’excrétion de bactéries résistantes aux antimicrobiens chez les animaux. À ce jour, aucune réglementation spécifique n’existe pour Listeria (L.) monocytogenes, Yersinia (Y.) enterocolitica ou Campylobacter spp.