D’un point de vue clinique, cela plaide en faveur d’une vigilance accrue à mesure que les chiens vieillissent. « La détection précoce dans ce groupe démographique pourrait améliorer significativement les résultats, étant donné que le traitement des tumeurs malignes est plus efficace lorsqu’elles sont petites et localisées. »
En ce qui concerne l’influence du sexe, les observations ont des implications cliniques importantes. « Chez les chiennes non stérilisées, le dépistage systématique des glandes mammaires est crucial. » Les chaînes mammaires doivent être palpées régulièrement (par exemple lors des examens annuels), en particulier à partir de 6-7 ans, afin de détecter et traiter toute masse mammaire dès son apparition.
S’agissant de la race, les auteurs soutiennent, d’un point de vue clinique, la surveillance spécifique selon la race. « Les vétérinaires doivent être conscients des risques particuliers de cancer chez les races qu’ils voient fréquemment. » Pour les races à haut risque (Boxers, Golden Retrievers, Bouviers bernois, Rottweilers, Retrievers à poil plat, terriers brachycéphales, etc.), il est jugé prudent de recommander un suivi plus proactif, comme des bilans de santé plus fréquents ou des examens diagnostiques précoces dès l’apparition de signes cliniques. Ils ajoutent qu’il pourrait être conseillé aux propriétaires de ces races d’explorer rapidement même des symptômes mineurs (petite masse cutanée, légère boiterie, etc.), compte tenu du risque a priori élevé de malignité.
Les chercheurs soulignent également que « nos résultats informent non seulement la pratique vétérinaire, mais ont aussi des implications plus larges dans le cadre de One Health, qui reconnaît l’interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale ». Les chiens partageant les foyers et de nombreux aspects de l’environnement avec les humains, « les schémas de cancer observés chez eux peuvent refléter des expositions carcinogènes environnementales affectant également les humains ».
Enfin, ils concluent que ces résultats « soulignent l’importance d’une cytologie ou d’une biopsie précoce des nouvelles masses, du dépistage mammaire systématique, de la discussion sur l’ovariohystérectomie prophylactique chez les chiennes et de la surveillance selon la race afin d’accélérer le diagnostic chez les chiens prédisposés, avec l’implication clé que la détection précoce et la prévention ciblée sont à la fois possibles et nécessaires ».