Nouvelle étude belge sur la neurochimie chez les chiens anxieux et une méthode de traitement innovante

L'anxiété chez les chiens est profondément ancrée. Mais que se passe-t-il exactement, sur le plan chimique, dans le cerveau canin ? Une toute nouvelle étude menée chez nous (2026) fournit des indications fascinantes sur les fondements neurochimiques de l'anxiété chez les chiens et explore une nouvelle intervention très prometteuse : la stimulation magnétique du cerveau. Cet article a été bien résumé sur la page Facebook de l’Association des professionnels du comportement animal (Vereniging voor Diergedragsprofessionals).

Dans le cadre de cette étude, 79 chiens (59 chiens en bonne santé et 20 chiens anxieux) ont été examinés. À partir du liquide céphalo-rachidien (LCR), les chercheurs ont analysé les produits de dégradation de neurotransmetteurs importants : la dopamine (DOPAC et HVA) et la sérotonine (5-HIAA). Par ailleurs, ils ont mesuré l’effet de la stimulation magnétique transcrânienne répétitive accélérée à haute fréquence (aHF-rTMS), une technique non invasive qui influence l’activité cérébrale à l’aide d’impulsions magnétiques.

Les principales découvertes ont tout d’abord mis en évidence des signes d’un déséquilibre physique. En effet, les chiens anxieux présentaient systématiquement des valeurs de base significativement plus faibles pour les trois métabolites (tant pour la dopamine que pour la sérotonine) par rapport au groupe témoin sain. Cela souligne que l’anxiété chez les chiens n’est pas un « simple comportement », mais qu’elle repose sur une base neurochimique claire. Deuxièmement, un effet de la rTMS aHF a été observé : la stimulation magnétique cérébrale s'est avérée capable d'influencer ces paramètres neurochimiques. Les effets dépendaient de la posologie et de la durée du protocole. Chez les chiens anxieux, le traitement à long terme a entraîné des fluctuations significatives des taux de dopamine (DOPAC).

Cette étude constitue un énorme pas en avant dans le domaine de la médecine comportementale vétérinaire. Tout d’abord, elle valide la nécessité d’aborder les troubles anxieux graves (également) d’un point de vue biologique et médical. Deuxièmement, elle ouvre des perspectives d’avenir : la aHF-rTMS est déjà utilisée en médecine humaine pour traiter la dépression, et cette étude démontre que la neuromodulation pourrait également devenir une véritable méthode thérapeutique d’avenir pour les chiens souffrant d’anxiété sévère, en complément des traitements comportementaux.

L’étude : Salden, S., Xu, Y., Van Eeckhaut, A., Haverbeke, A., Peremans, K., Baeken, C., et al. (2026). From Imbalance to Intervention: Neurochemical Alterations in Canine Anxiety and Its Modulation by Repetitive Transcranial Magnetic Stimulation. Neuromodulation: Technology at the Neural Interface.