Les activités de la phosphatase alcaline différaient significativement pendant le traitement par prednisolone par rapport au jour 0. La médiane de l’activité de la phosphatase alcaline a diminué de manière significative au jour 3 (25 U/L) par rapport au jour 0. De même, les activités de l’AST ont diminué significativement durant le traitement, avec une différence notable entre j0 (médiane 24 U/L) et j8 (médiane 19 U/L). Les activités de l’ALT ont également diminué significativement, avec des différences entre j0 (médiane 56 U/L) et j8 (médiane 47 U/L ; p = 0,0411), ainsi qu’entre j0 et j10 (médiane 48 U/L). En revanche, les activités de la GGT étaient indétectables à tous les moments chez les 7 chats.
« Nos résultats indiquent que la prednisolone influence significativement les concentrations sériques d’acides biliaires ; toutefois, cet effet semble avoir une pertinence clinique limitée, la plupart des valeurs étant restées dans l’intervalle de référence ou ne l’ayant dépassé que marginalement. »
Il s’agit, selon les auteurs, d’un résultat important pour les vétérinaires, la prednisolone étant fréquemment utilisée dans le traitement des hépatopathies inflammatoires félines, lesquelles sont souvent associées à une entérite lymphoplasmocytaire chronique.
En revanche, les activités de l’AST, de l’ALT et de l’ALP ont diminué significativement pendant l’administration de prednisolone, tandis que les activités de la GGT sont restées indétectables. « Nous concluons que, bien que la prednisolone ait significativement influencé les acides biliaires, l’effet est probablement d’importance clinique limitée, car les augmentations observées étaient minimes et sont restées en dessous des seuils considérés comme anormaux. »
De manière inattendue, les activités des transaminases et de la phosphatase alcaline ont diminué dans les premiers jours suivant l’administration, mais « les raisons de ce phénomène demeurent incertaines ».
Les auteurs suggèrent néanmoins que la prednisolone pourrait stabiliser les membranes cellulaires et réduire la libération d’enzymes cellulaires dans des conditions non pathologiques. Alternativement, les profils d’expression génique pourraient être modifiés par la prednisolone, ce qui « pourrait entraîner une diminution des enzymes AST et ALT ». Ainsi, la baisse des enzymes hépatiques, qui va à l’encontre des attentes habituelles, « souligne la nécessité de recherches supplémentaires sur les effets précoces des corticostéroïdes sur le foie félin ».