Photo : Adobe Stock

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Une revue de tout ce que l’échographie thoracique peut révéler sur la santé des animaux de compagnie

L’objectif de cette revue est de présenter les connaissances actuelles sur l’échographie thoracique chez les petits animaux atteints de maladies respiratoires.

En 2008, le premier article sur l'utilisation de l'échographie thoracique pour évaluer des patients canins victimes de traumatismes a été publié. Depuis lors, l’intérêt et l’adoption par les chercheurs et les vétérinaires n’ont cessé de croître, ce qui a conduit à son intégration dans la gamme actuelle d’outils diagnostiques pour la prise en charge des patients en détresse respiratoire.

La nature non invasive de l’échographie, associée à la portabilité des appareils permettant des évaluations au point de soin — en salle d’hospitalisation, d’urgence ou au bloc opératoire — a favorisé son adoption généralisée. En outre, la baisse progressive des coûts d’acquisition a contribué à sa diffusion mondiale dans les contextes d’urgence et de soins intensifs pour les petits animaux.

L’interprétation précise des artefacts générés par l’interaction entre les ondes ultrasonores et l’interface pleuropulmonaire ou aérienne a permis de caractériser divers aspects pathologiques. Dans certains contextes cliniques, l’échographie a démontré une sensibilité et une spécificité supérieures à celles de la radiographie traditionnelle, un constat déjà bien établi en médecine humaine.

Cette méthode dépend non seulement des caractéristiques techniques de l’appareil à ultrasons et, dans une certaine mesure, de la technique de balayage, mais surtout des connaissances et de l’expérience de l’opérateur, qui sont essentielles pour la visualisation et l’interprétation d’images en temps réel.

L’objectif d’une revue réalisée en Italie était de présenter les connaissances actuelles sur l’échographie thoracique au point d’intervention (T-POCUS) chez les petits animaux atteints de maladies respiratoires, en décrivant l’aspect normal de l’échographie thoracique et en examinant les différentes constatations échographiques dans diverses affections respiratoires pathologiques chez les chiens et les chats. La revue met également en lumière les limitations et les perspectives futures de cette technique dans la pratique clinique.

La revue débute par une exploration technique, en expliquant comment les procédures de balayage, le choix de la sonde et les réglages de l’image contribuent à une interprétation précise. Par exemple, il est précisé que la sonde la plus utilisée pour l’échographie chez les petits animaux est la sonde microconvexe à fréquence variable, car elle est « polyvalente et fournit des images de haute qualité pour une variété de tailles de chiens, tout en étant également adaptée aux chats ». Sa forme concave lui permet de « s’adapter facilement entre les espaces intercostaux, ce qui réduit l’inconfort du patient et permet d’obtenir des images de haute qualité ».

Échographie thoracique et santé des animaux de compagnie

Les différentes caractéristiques échographiques associées aux pathologies respiratoires sont étroitement liées aux causes sous-jacentes et à la réponse de l’organisme face à l’agression pathologique. Ces caractéristiques varient en fonction de la région anatomique touchée.
La revue a regroupé les différents résultats en quatre catégories : les troubles de l’espace pleural, les pathologies pulmonaires, les anomalies thoraciques diverses et une catégorie de signes échographiques divers.

Ainsi, les auteurs indiquent que « l’échographie thoracique peut être utilisée pour diagnostiquer une variété de troubles pleuraux et pulmonaires, notamment le pneumothorax, l’épanchement pleural, la pneumonie, l’atélectasie, l’œdème pulmonaire cardiogénique et non cardiogénique, la torsion de lobe pulmonaire, la fibrose pulmonaire, l’hémorragie pulmonaire, la thromboembolie pulmonaire et les néoplasies malignes ».

Concernant ces dernières, ils expliquent que « les signes échographiques associés à divers types de tumeurs pulmonaires incluent la présence de nodules ou de masses, des structures tissulaires à écotexture hétérogène, un épaississement sous-pleural et un épanchement pleural ». On peut également observer des ganglions lymphatiques médiastinaux augmentés de volume, à échogénicité mixte et hétérogène.

Limitations de l’échographie thoracique chez les animaux de compagnie

Comme d’autres techniques d’imagerie, « la T-POCUS dépend de l’opérateur, non seulement pour ses compétences pratiques, mais surtout pour ses connaissances théoriques ».

À cet égard, les auteurs soulignent que la simple lecture d’articles scientifiques ou la manipulation d’une sonde ne suffisent pas à garantir la compétence. Une configuration correcte de l’appareil, une compréhension approfondie des artefacts et une technique de balayage précise « sont des piliers essentiels d’une T-POCUS efficace ».

Cela met en évidence un problème mondial : bien que de nombreux praticiens utilisent la T-POCUS, combien ont réellement reçu une formation adéquate ? Que doit inclure cette formation ? Combien d’heures sont nécessaires pour être considéré comme apte à pratiquer l’échographie thoracique ?

En résumé

L’échographie thoracique au point de soin chez les chiens et les chats connaît actuellement une forte croissance dans la littérature scientifique, suivant les tendances observées en médecine humaine.
De nombreuses constatations échographiques concordent avec celles décrites chez les patients humains, mais il reste encore beaucoup à faire.

« Des chercheurs du monde entier travaillent non seulement à approfondir la compréhension de ces observations, de leurs indications cliniques et implications, mais aussi à standardiser les protocoles, établir une terminologie partagée, et développer des parcours de formation spécifiques afin d’acquérir les connaissances fondamentales dans ce domaine. »